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viernes, 16 de agosto de 2013

ACTUALITÉ CATALANE

LE POURQUOI DES DRAPEAUX CATALANS ÉTOILÉS



Les touristes francophones, et en moindre mesure les anglosaxons (mieux informés que les premiers) se questionnent étonnés sur le pourquoi des milliers de drapeaux catalans qui trônent massivement sur les toits, terrasses et jardins des maisons et immeubles dans toute la Catalogne. L'image de tant de drapeaux provoque des equivoques, de fausses idées, voir une idée préconçue sur l'orgueil éxagéré des Catalans. Loin de là. La surprise et l'ignorance manifeste de ceux-ci, dévoilent évidemment la manifeste volonté des médias français (sans doutes à l'instar du ministère des Affaires Étrangères de l'Espagne), de cacher la grave rupture existente entre la principauté Catalane et l'État Espagnol. On constate d'autre part la censure des journalistes sur l'actualité catalane (voir espagnole) en jouant la carte de la désinformation et de la manipulation en faveur d'une mensongère stabilité à échelle nationale et internationale, surtout dans le cas des français qui figurent comme les touristes les plus surpris.

 
Photo d'Artur Mas, Président de La Generalitat de Catalogne depuis 2010.


La crise politique entre l'État Central Espagnol et la Communauté Autonome de la Catalogne s'est amorcé en 2006 au moment oú la Cour Constitutionnelle (présidée actuellement par un magistrat qui renie de la propre Constitution Espagnole de 1978 et en déchira un exemplaire), à l'insu d'une implacable campagne lancée depuis Madrid par le PP (Parti Populaire) contre l'acceptation et enregistrement intégral du nouveau Statut de la Catalogne légalement voté et approuvé par les trois chambres: le Parlement Catalan, la Chambre des Députés et le Sénat, suite à un referéndum fut morcelé. Truffée de magistrats conservateurs, manifestement centralistes et favorables au PP, ladite Cour Constitutionnelle entamma alors un débat qui traîna pendant plus de 4 ans et qui aboutit finalement en 2010 avec l'amputation de la pluspart des articles du nouveau Statut, annulant ainsi la volonté de tout un peuple qui s'était exprimé par les urnes.

Non contents d'avoir passé outre, les deux grands partis de Madrid -la droite (PP) et les socialistes (PSOE)- s'en félicitèrent ouvertement et permirent que les mass-médias Espagnols poursuivent leur campagne d'anti-catalanisme furieux, permettant par ailleurs la floraison de plusieurs "boycotts" populaires contre tous les produits commerciaux et alimentaires de la Catalogne, et surtout contre le "cava", qui est le champagne catalan par excellence et même le grand rival du champagne français qui lui fait de plus en plus d'ombre sur le marché international. Éclatait alors au grand jour cette vieille haine des Castillans contre tout ce qui était de différent à sa culture nationale, réduite à la siesta, les procéssions de Semaine Sainte, les corridas et le flamenco (qui font partie surtout de la tradition andalouse), et surtout contre la "différence" culturelle Catalane, beaucoup plus européènne et proche de la française par plusieurs biais. Le déferlement d'insultes à travers les journaux et programmes de TV exprimant le mépris des Castillans pour la Catalogne et ses habitants, a finalement fait débordé la coupe de l'éternelle et légendaire patience des Catalans, jusqu'ici conciliatrice.

À cela s'ajoute le dévoilement presque accidentel du gros apport économique de la Catalogne à la trésorerie de l'État Espagnol: 16 milliards d'Euros annuels en impôts et taxes de toutes sortes qui vont directement dans les caisses de Madrid pour financer ses "folies des grandeurs" architecturales aussi gigantesques qu'inutiles: d'innombrables gares de TGV et d'aéroports titaniques sans passagers répartis en d'autres provinces, les scandaleuses subventions à l'Autonomie d'Extremadure  ou encore pour financer la vie luxueuse d'une classe politique espagnole complètement éloignée de la réalité et de plus en plus corrompue. Jusqu'alors cette information était classée comme secrète afin d'éviter l'indignation du contribuable Catalan et, en vue du scandale qui en découla, le Gouvernement de Madrid refusa de révéler à nouveau ces données qui, pourtant, devraient être publiées annuellement.

Pour empirer la chose, le gouvernement du Premier Ministre Rajoy, peu enclin a l'État des Autonomies et a la richesse multiculturelle, franc partisan du centralisme à outrance, a commencé à multiplier des décrets surtout préjudiciables aux intérêts économiques et culturels de la Catalogne; comme la réforme de l'Éducation qui vise a éffacer la langue Catalane au profit du Castillan dans les écoles et les universités, la multiplication des promesses non-tenues par Madrid pour développer les compétences de La Generalitat (la Présidence Autonomique de la Catalogne) en matière de transports publics, les réseaux des autoroutes, les aéroports et ports maritimes, les ressources énergétiques entre autres, en plus d'une amélioration du financement autonomique qui n'arrive jamais et qui, avec la crise, s'est plutôt réduit à un budget qui a poussé le Gouvernement Catalan à faire des retranchements insupportables. Aujourd'hui, l'État Espagnol doit à la Catalogne pas moins de onze milliards d'Euros, somme que le Gouvernement de Madrid, avec toute sa mauvaise foi, n'a pas l'intention de satisfaire et l'a dit publiquement en ricannant devant les journalistes. C'est une de ces gouttes qui a fait déborder le vase de la patience catalane.



Le 11 Septembre 2012, connue comme "la Diada" (Jour National de la Catalogne, qui commémore la réddition de Barcelone aux troupes Espagnoles du roi Philippe V en 1714), se transforma alors en une grande manifestation des citoyens Catalans pour exprimer non seulement leur mécontentement avec le Gouvernement Espagnol mais aussi pour réclamer la sécession de la Catalogne. En un mot: l'indépendance. Le nombre des assistants à cette démonstration de renaissance de "conscience nationale Catalane" dépassa largement les prévisions des autorités civiles: 1.500.000 personnes. Le ton était donné et Madrid fit ce qu'elle put pour minimiser et ridiculiser le mouvement populaire. Ce fut en vain.

Non seulement la crise et son cortège de misères, mais aussi l'étalage sur les journaux de la corruption générale règnante qui implique toutes les hautes institutions d'Espagne (de la Couronne en passant par le Gouvernement jusqu'à la haute magistrature), se joignirent aux incéssantes campagnes d'insultes, de menaces militaires et d'étouffement économique menés contre la Catalogne firent le reste et croître vertigineusement le nombre d'indépendantistes Catalans.
Le 80% des Catalans réclament pacifiquement le droit de décider sur leur avenir comme les Écossais et les Québécois (un droit reconnu internationalement et respecté par tous les pays démocratiques membres des Nations Unies), et son futur passe par la dernière option: se séparer d'une Espagne noyée dans la banqueroute économique et la corruption politique, endettée jusqu'au 90% de son PIB et qui menace de s'engloutir en entraînant la Catalogne dans sa chute vers un gouffre sans fond. Hors, l'État Espagnol refuse aux Catalans ce droit en oubliant, au passage, que l'Espagne a souscrit depuis 1967 à l'Article Nº1 en signant le Traité International de l'ONU qui aborde précisement ledit droit. Voilà le pourquoi de la multiplication des drapeaux étoilés en signe de contestation.

 
 


Le pavillon Catalan étoilé (l'Estelada), d'après la consigne générale, restera en place jusqu'à la proclamation de la République Catalane, avec ou sans référendum. Dès que ce fait sera accomplit, le vieux pavillon de la Maison des Comtes de Barcelone retrouvera sa place d'honneur, sans étoile d'argent (qui simbolise la liberté désirée): sur champ d'or, 4 pals de gueules pour représenter une nation qui cessa d'être souveraine il y a 300 ans mais qui n'a jamais cessé de revendiquer son identité nationale malgré les Castillans et leurs politiques répréssives.

 
Le blason de la Maison Comtale de Barcelone (enluminure du XVème s.), dynastie qui fonda l'État Catalan à partir du Marquisat de Gothie (Marche Hispanique) créé par l'empereur Charlemagne l'année 801, et qui se détacha du royaume Franc en 987 et atteignit son indépendance en réunissant les comtés Catalans. Devenus comtes et princes souverains, les Comtes de Barcelone acquirent en deux temps le royaume d'Aragon (1137-1141) par mariage et par donnation reconnue officiellement par une bulle du pape Adrien IV en 1158. De cette manière, les armes dynastiques de la Principauté de Catalogne furent adoptées par l'Aragon puis par les autres royaumes conquis: Valence, Majorque, Sicile,... fondant un autenthique empire commercial méditérrannéen. 
 
 
Carte française représentant la Principauté de Catalogne au XVIIIème siècle, alors amputée de la Catalogne Nord (Comté du Roussillon) depuis le Traité des Pyrénnées, lorsque le roi Philippe IV d'Espagne signa la paix avec Louis XIV et lui céda ce territoire alors qu'il ne lui appartenait pas et n'en avait pas la libre disposition.
 
 
 
Pour plus d'informations sur la situation catalane actuelle, veuillez consulter:
 
 
 
 

 


jueves, 27 de junio de 2013

LLANÇÀ: Mostra d'imatges antigues.

Mostra d'imatges antigues de Llançà. Inauguració prevista pel Gener 2014.
Muestra de imágenes antiguas de Llançà. Inauguración prevista para Enero 2014.
Exhibition d'images anciennes de Llançà. Inauguration prévue pour Janvier 2014.
Exhibition of ancient images of Llançà. Opening scheduled for January 2014.

sábado, 1 de junio de 2013

LE CHÂTEAU DE PERALADA: l'histoire de deux familles


LE CHÂTEAU DE PERALADA

(Version Française)

 


 

La demeure des six siècles

Déjà au IXème siècle il éxistait un château-fort appelé Château Tolon, qui faisait partie des posséssions des Comtes d'Ampurias et qui défendait les habitants de la seigneurie de Peralada.

Pons I, comte d'Ampurias (vers 990 - +1078) comte souverain entre 1040 et 1078, se maria avec Adélaïde de Besalú, fille du comte Bernard "Taillefer" de Besalú, qui lui donna pas moins de 8 enfants dont:

-Hugues II (v.1035-1116) Comte d'Ampurias en 1078.

-Armengol d'Ampurias, Seigneur de Vilanova.

-Bérenger d'Ampurias (+ 1098) Vicomte de Peralada, Seigneur de Rocabertí et de Quermançó, marié avec Arsende de Rocabertí -> Ligne des Comtes de Peralada.

-Pierre d'Ampurias, Abbé du Monastère de Sant-Pere de Rodes.

Pons I d'Ampurias fonda en 1064 la ville de Castelló d'Empúries, capitale du comté et lègue, par testament, le comté à ses deux premiers fils. Puis ceux-ci se partagent le comté après sa mort.




Bérenger d'Ampurias, devenu Vicomte de Peralada et seigneur de Quermançó, devient également seigneur du château de Rocabertí en épousant l'héritière Arsende de Rocabertí. Tous deux fondèrent le lignage qui, tour a tour, portèrent le nom de leurs seigneuries: Quermançó et Rocabertí, qui allait devenir une des plus importantes familles de la Principauté de Catalogne.

Au XIIIème siècle, lorsque le roi français Philippe III "le Hardi" entâmme sa croisade contre la Catalogne, il envahit le comté d'Ampurias, ses troupes se livrant aux pires excès: pillages, viols, tueries, incendies... La petite ville de Peralada et son château ne sont pas épargnés; le château est détruit et le village réduit en cendres (1285).

Les Vicomtes de Rocabertí concentrent alors tous leurs efforts à la reconstruction de la ville et à bâtir leur nouveau château au siècle suivant. Si la ville conserve son emplacement primitif et se rebâtie sur ses ruines fumantes tout en dressant autour d'elle une grande muraille, le château neuf lui, est construit en dehors de la nouvelle enceinte fortifiée de Peralada (vers 1350), flanqué de deux grosses tours crénelées a mâchicoulis percées de meurtrières et corbeaux, de tours de guet et flanquantes.

Au XVème siècle, pendant la Guerre des Remences (Révolte paysanne contre les abus de la noblesse catalane), le roi Jean II d'Aragon s'empara du château et l'occupa en 1472, puis fut rendu aux Vicomtes de Rocabertí peu de temps après.



Aux fils des siècles et des générations, la Maison de Rocabertí noue des liens de sang avec d'autres importantes familles non seulement issues de la haute noblesse catalane, mais aussi des royaumes de Majorque, d'Aragon, de Castille et même de Naples, et fait croître son patrimoîne de pères en fils. Ils sont présent à la cour de Madrid mais n'oublient pas de se faire bâtir un palais à Barcelone, capitale de la Catalogne.

 
Façade renaissance du palais ou aile du XVIè. siècle rajouté au côté Sud Château de Peralada, et connu comme "Palais de Savallà".


À la fin du XVIème siècle, le roi Philippe III d'Espagne érige la seigneurie de Peralada en comté en faveur du Vicomte François-Joffre I de Rocabertí (1599). À cette époque, le château de Peralada est agrandi, voir remanié au goût du jour, comme en témoigne la sobre façade Sud en style renaissance italienne. En 1645, c'est Philippe IV d'Espagne qui décerne à Raymond Dalmau I de Rocabertí Safortesa, IIIème Comte de Peralada, le titre de Ier Marquis d'Anglesola.

 
Blason de la famille Rocabertí de Peralada, Marquis d'Anglesola dès 1645.


Le IVème Comte de Peralada meurt en 1671, ne laissant qu'une fille pour unique héritier: Élisende de Rocabertí Safortesa, mariée à Raymond de Rocafull Puigmarín, Comte d'Albatera, et qui devient de plein droit la Vème Comtesse de Peralada et IIIème Marquise d'Anglesola. Mais elle meurt aussitôt après son père, en 1672. Son fils prend la relève et adopte le nom de famille maternel comme sien; Guillaume Emmanuel I de Rocabertí de Rocafull-Puigmarín, VIème Comte de Peralada et IVème Marquis d'Anglesola dès 1672, sera fait Grand d'Espagne en 1703 par le premier roi Bourbon Espagnol, Philippe V, ci-devant Duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV de France. Sa fidélité au prince français pendant la Guerre de Succéssion Espagnole lui vaut bien cette récompense. Il meurt en 1728 sans héritiers et la succéssion retombe sur un cousin qui, lui, a combattu dans le camp autrichien et défendu la ville de Barcelone en 1706 de l'assaut des troupes franco-espagnoles du Duc de Vendôme: Jean-Antoine de Boixadors de Pacs de Pinós, 6ème Comte de Savallà et 32ème Vicomte de Rocabertí. Loyal au candidat Habsbourg qui avait perdu la course au trône espagnol contre le rival français, il avait choisit de suivre l'empereur Charles VI d'Autriche jusqu'à sa cour de Vienne, méritant pour cela le Collier de l'Ordre de la Toison d'Or et la Présidence du Conseil des Pays-Bas Autrichiens entre 1729 et 1740.

 
Portrait gravé de Joan Antoni de Boixadors i de Pacs de Pinós, 6è. Comte de Savallà puis 7ème Comte de Peralada, Grand d'Espagne, 32è. Vicomte de Rocabertí et 5è. Marquis d'Anglesola.
 

C'est son fils, Bernard Antoine de Boixadors Sureda de Sant-Martí (1702-1755), resté en Catalogne avec ses frères et soeurs, et élevé par des oncles, qui fut reconnu comme VIIIème Comte de Peralada, VIème Marquis d'Anglesola et XXXIIIème Vicomte de Rocabertí et de Requesens, dès sa majorité. Après une jeunesse studieuse et une solide formation militaire, il entra dans les Gardes-du-Corps du roi Philippe V (1733), fit la Campagne d'Italie et gravit les échelons puis rentra finalement chez lui avec le brevet de colonel (1737). Deux ans plus tard il se mariait avec Cécile de Chaves. En 1741 il est promu maréchal-de-camp puis en 1755 il reçoit son brevet de lieutenant-général. Pendant ce temps, en 1753, le roi Ferdinand VI l'avait nommé ambassadeur d'Espagne à la cour de Lisbonne et, le 1er novembre 1755 il trouve la mort pendant le terrible tremblement de terre qui détruit et réduit en cendres la capitale portugaise.

 
Portrait de Ferran Felip Basili de Rocabertí de Boixadors i de Chaves, 9è. Comte de Peralada et Grand d'Espagne, 7è. Marquis d'Anglesola, 34è. Vicomte de Rocabertí, 8è. Comte de Savallà (1745-1805).


L'unique fils et héritier du précédent, Ferdinand Philippe Basile de Rocabertí de Boixadors Chaves, né en 1745, fut à l'âge de dix ans le IXè Comte de Peralada. Enfant gâté-pourri qui héritait d'une grosse fortune et de grands biens, il devint un de ces aristocrates types du Siècle des Lumières: libertin aux moeurs scandaleuses, ennemi de la religion et de la police, parfois violent mais aussi cultivé et, par-dessus tout, fort orgueilleux de ses ancêtres dont il en tirait gloire. Il rencontra le sulfureux Comte de Cagliostro, coucha avec sa femme, puis s'amusa fort en organisant des parties fines avec le cavaleur italien Giacomo Casanova dans son palais de la rue Santa-Anna de Barcelone, ce qui lui valut un séjour en prison. Puis il se maria avec la veuve du Marquis de Mondéjar, l'andalouse Maria-Teresa de Palafox Castellet, et tous deux s'installèrent à la cour de Madrid et achetèrent un palais. En 1780, il publiait une pièce de théatre à Barcelone qui, douze ans plus tard, se jouait encore au Méxique. En 1790 il fait un séjour à Paris puis, fuyant la révolution française, s'installe en Italie, surtout à Venise ou il achète un palais. Il meurt lors de son séjour à Vienne, en Autriche, en 1805 à ses 60 ans et sans laisser d'héritiers. Il lègue, par testament, tous ses titres, biens et fortune à la petite-fille de son frère cadet décédé en 1782: Joana de Rocabertí-Boixadors Cotoner qui, en se mariant avec le Marquis de Bellpuig, transmit le fabuleux héritage à l'illustre famille Dameto, qui appartenait à la haute aristocratie de Majorque et apparenté aux éminents Despuig de Montenegro-Montoro.

 
Portrait de Francesc-Xavier de Rocabertí-Boixadors Dameto i Despuig, Marquis de Bellpuig et d'Anglesola, 11è. Comte de Peralada et de Savallà; d'après Vicente López Portaña, 1816, Collection du Château de Peralada.


 
Vue de la façade du Midi du Château de Peralada.
 
 
Palais néogothique du Couvent des Frères Carmélites Chaussés, construit sur l'ordre des frères Rocabertí entre 1875 et 1880 par l'architecte Grant. Il abritait l'école gratuite au rez-de-chaussée à l'époque des derniers comtes, la bibliothèque et les archives comtales avec ses 20,000 volumes au premier étage. Le couvent revint aux Comtes de Peralada dès 1835 avec le révolutionnaire désamortissement des biens du clergé lancé par le ministre espagnol Mendizábal.
 
 
Photographie du choeur et autel de l'Église gothique du Couvent Carmélite, construite au XIVème siècle. Le terrain ou s'éleve le couvent et l'église des Frères Carmélites, fut donné à cette époque par les Vicomtes de Rocabertí, Barons de Peralada, avec une condition: si un jour l'ordre venait à abandonner les lieux, la propriété reviendrait dans le patrimoîne des Rocabertí.
 
 
Vue partielle de l'Église Carmélite.


Après la mort de la Xè Comtesse de Peralada, en 1862, c'est son fils le Marquis de Bellpuig et XIè Comte de Peralada (mort en 1875) puis ses trois petits-fils qui prennent la relève: Tomàs, XIIè Comte de Peralada, son frère ainé Antoni, Comte de Savallà, et sa soeur Joana II Adelaida de Rocabertí-Boixadors Dameto de Verí, VIIIè Comtesse de Montenegro et Xème. de Montoro, seront les auteurs du dernier grand remaniement du Château de Peralada pendant la décénnie de 1880. Venus de Paris, ils s'installent tous trois à Peralada et s'attachent à redonner du lustre à leur vieille demeure familiale. Ils restaurent, modernisent et agrandissent le château (les travaux se doivent à l'architecte français Grant), remanient le couvent voisin des frères carmélites et y aménagent la bibliothèque et les archives du château avec ses 13.000 volumes (qui grossiront jusqu'aux 20.000), puis s'attaquent au parc le semant d'arbres, de parterres, de fontaines et bassins artificiels, oeuvre du paysagiste français François Duvillers. Ils s'occupent également de la reconstruction du voisin Château de Requesens, vieille bâtisse moyennageuse isolée et tombée en ruines. Leur contribution à la ville de Peralada est aussi digne de mention: fondation d'un théatre, création d'une chorale et ouverture d'une école gratuite qui enseignait aux enfants des villageois les arts et métiers, les beaux-arts, le théatre, la musique, la gimnastique et la jardinerie.


 
Portrait photographique des frères Antoni et Tomàs de Rocabertí-Boixadors Dameto de Verí, dans la cour intérieure du Château de Peralada (fin XIXè. s.)
 
 
Photographie réalisée au chantier du Château de Requesens; on y aperçoit à droite, vêtus de noir, Tomàs de Rocabertí, alors 12è. Comte de Peralada, et sa soeur Joana II Adelaida, 8è. Comtesse de Montenegro et de Montoro.

 
Le Château de Requesens restauré et transformé en résidence estivale des Comtes de Peralada, d'après une photographie de 1898.


En 1887, l'ainé, Comte de Savallà, qui avait rennoncé aux titres principaux de sa lignée en faveur de son cadet Tomàs, car peu enclin au mariage, décéda.

En 1898, ce fut le tour de Tomàs, XIIè Comte de Peralada, XIè Comte de Savallà, XXXVIIè Vicomte de Rocabertí, Xè Marquis d'Anglesola et de Bellpuig, mort également célibataire.

Un an après, en 1899, c'est la Comtesse de Montenegro et de Montoro, devenue XIIIè Comtesse de Peralada, la soeur et grande héritière, qui trouve la mort dans des circonstances fort mysterieuses et jamais éclaircies pendant un séjour au Château de Requesens. S'ensuit une grande querelle devant les tribunaux entre les proches parents et cousins, qui se déchirent à belles dents entre eux pour le fabuleux héritage des frères disparus. Ce qui est en jeu est considérable, car la pluspart des grandes propriétées de la famille se trouvent réparties dans le Haut-Ampurdan et les Iles Baléares. La Justice trancha en donnant les titres de noblesse au cousin de la défunte, Joan-Miquel de Sureda et à ses hoirs mâles et femelles, et l'important patrimoîne au neveu de son mari, Ferran Trullols Despuig, Marquis de La Torre, et à ses descendants.

Les roques, symboles héraldiques parlants très liés à la dynastie des Rocabertí, figurent dans toutes les propriétés des anciens Comtes de Peralada, acompagnant leur devise latine "Deo Gratia" (Grâce à Dieu). Le nom de famille provient du "Castrum Bertini" ou Château de La Roca d'en Bertí (la roche de Bertin) qui dégénérat en Rocabertí.


Vente et renaissance de Peralada




Les Marquis de La Torre, déjà propriétaires du Château de Medinyà (près de la ville de Gérone), mirent finalement en vente les terres et le Château de Peralada. Ce fut un industriel et financier de Barcelone, fondateur de la compagnie d'automobiles La Hispano-Suiza, Damià Mateu i Bisa, qui se rendit finalement acquéreur du château en 1923. Son fils Miquel Mateu i Plà, grand amateur d'art, trouve en Peralada le meilleur écrin et, pourquoi pas le dire, la meilleure vitrine pour y réunir et présenter ses collections de verreries, de céramiques, de peintures, de livres rares et de manuscrits anciens. Le drame dans tout ça est que les importantes archives des Comtes de Peralada, source de grande information historique sur le Haut-Ampurdan, sont transferés par les héritiers à leur demeure de Majorque.

 
Buste en bronze de Miquel Mateu i Plà (1898-1972). Il fut le premier maire de Barcelone de la dictature franquiste après la Guerre Civile pendant 1939-1945, puis ambassadeur d'Espagne à Paris entre 1945 et 1947, entre autres charges officielles. Sa fille, Carme Mateu i Quintana, épouse Suqué, est l'actuelle propriétaire du château.
 
 
La bibliothèque privée du château avec ses 80.000 volumes. Elle contient la plus grande collection d'éditions du fameux "Don Quixote" de Miguel de Cervantes (5.000 exemplaires) traduites en 33 langues.
 
 
Le Cloître gothique, le joyau de l'ancient couvent du Carmel, considéré un des plus beaux et mieux conservés de Catalogne.
 

La famille Mateu, devenue châtelaine, exploîte également les vignobles de la région et vend fort bien ses vins et ses mousseux fabriqués selon la méthode champennoise qui, pendant la décennie de 1970-1980, fait sa parution sur le marché sous la marque commerciale de "Castell de Peralada". Ils ouvrent également les portes du château au public, devenu en partie siège d'un véritable musée privé grâce aux collections du défunt père, et donnent accès à la bibliothèque comtale, enrichie de 80.000 volumes, aux historiens locaux et aux touristes. Puis ils y inaugurent un casino et trois restaurants dans une aile annexe construite dans le style du château médiéval mélangé au moderne, tout en conservant l'ancienne partie comme résidence privée. Toutes ses initiatives contribuent à la nouvelle prospérité de la petite ville et de la région.

 
Vue en perspective des caves à vins et à cava (le "champagne" catalan) du château.
 
 
 
En 1987, c'est la création et le lancement du 1er Festival International de Musique du Château de Peralada, qui s'organise pendant les mois de juillet-août dans le parc du château et offre annuellement au publique des concerts symphoniques, de choeurs, des opéras et des spectacles de musique, de théatre et de danse. En 1992, le "Festival de Peralada" est inscrit à l'Association Européenne des Festivales.

En novembre 1988, le Château de Peralada, toujours entre les mains de la même famille, les Suqué-Mateu, est finalement déclaré Bien d'Intérêt Culturel et est inscrit dans le Patrimoîne Historique d'Espagne.

 


viernes, 24 de mayo de 2013

QUERMANÇÓ: Histoire du château

LE CHÂTEAU DE QUERMANÇÓ
son histoire (version française)





Les ruines du château-fort de Quermançó se trouvent a 2 km. au Nord du village de Vilajuïga, dont les limites municipales voisinent avec celles de Llançà, et s'élèvent sur un promontoir rocheux bordé par la Route Nationale 260, entouré d'oliveraies, de vignobles et de champs.

Quermançó est lié à plusieurs vieilles légendes populaires comme celle du fabuleux trésor de la "chèvre d'or", caché dans un labyrinthe de tunnels souterrains qui relieraient le château de Quermançó au Monastère de Sant Pere de Rodes et le château de Sant Salvador.



Ses origines remontent au-delà de l'occupation romaine puisque sa situation sur un promontoir rocheux fait que le château-fort domine toute la plaine du Haut Ampurdan, et garde l'étroit passage qui mène vers le hameau de La Valleta et le village de Llançà. La forteresse moyennageuse remonte, toutefois, avant le premier millénaire de l'Ère Chrétienne et figure comme une des posséssions des Comtes d'Ampurias. Le Comte Pons I y avait déposé ses archives diplomatiques et, d'après son testament, le château revint en héritage à ses deux fils, Hugues et Bérenger en l'an 1078. En 1085, un accord entre le comte Hugues II d'Ampurias et le comte Guibert II de Roussillon, donne à ce dernier certains droits sur la forteresse.

 
 


En 1099, Dalmau Bérenger de Quermançó est mentionné dans un document comme seigneur des lieux, étant probablement fils de Bérenger, vicomte de Peralada et seigneur de Quermançó et de Rocabertí entre autres, et petit-fils du comte Pons I d'Ampurias. Ce personnage est le fondateur de la maison des Vicomtes de Peralada, plus tard connus comme Vicomtes de Rocabertí.

Vers l'an 1131, le seigneur du château de Quermançó, Bérenger Renard de Peralada, mourut sans héritiers mâles et la forteresse revint aux Comtes d'Ampurias. En 1138, une révolte du comte Pons Hugues II d'Ampurias contre le Comte Raymond Bérenger IV de Barcelone, vite réprimée par ce dernier, termine avec l'obligation du premier d'abandonner et raser le château de Quermançó. C'est toutefois au XIIIème siècle que Quermançó devient une forteresse de grande importance lors des guerres contre les français; elle refoula l'invasion française en 1285 puis fut, pour une courte durée, occupée en 1288 par les alliés du roi Jacques II de Majorque, qui avait envahit l'Ampurdan puis fut détrôné.



Malgré ces destructions succéssives, un compte-rendu du roi Jacques II d'Aragon en 1292, signale le besoin de destiner à Quermançó une douzaine de soldats pour défendre la forteresse et surveiller la route. Pendant la Guerre Civile du XVème siècle, en 1472, le château qui dépendait alors du Duc de Cardona en tant que Comte d'Ampurias, fut occupé par les partisans du roi Jean II d'Aragon.

Aux XVIème siècle, le château fut un repaire de bandits de grands chemins qui sévissaient dans les alentours.

Aux siècles suivants, le château resta à nouveau a l'abandon jusqu'à la Guerre de l'Indépendance Espagnole. En 1808, les troupes de Napoléon I reconstruirent et remirent en état de défense l'ensemble du château-fort. C'est lors de la retraite du Maréchal Suchet vers la frontière en 1814 que, sur ses ordres, les soldats français dinamitent le château avant de l'abandonner à l'ennemi.

En 1880, des moines bénédictins expulsés de France s'installent entre ses murs et le restaurent pour le rendre habitable.



Le château, resté a l'abandon depuis le début du XXème siècle, tomba en ruines et ses alentours servirent de lieu de décharge municipale pour Llançà et Vilajuïga.



Durant la décénnie qui va de 1970 a 1980, le célèbre peintre surréaliste Salvador Dalí s'intéresse au château et songe a l'acquérir pour en faire sa résidence, puisque Quermançó se trouve à mi-chemin entre sa ville natale, Figueres, et sa résidence d'été à Port-Lligat, à Cadaquès. Mais le projet n'aboutit pas et, finalement, Dalí choisit d'acheter le château de Púbol pour y tenir ses quartiers d'hiver.

Ce n'est qu'à la fin des années 80 lorsque La Généralitat Catalane, prennant conscience de ses vieux monuments, lance un modeste programme de restauration et préservation des lieux, avec des fouilles archéologiques. En 1988, le château est déclaré monument d'intérêt historique de la province de Gérone. Afin d'éviter le vandalisme et les accidents des visiteurs occasionels, les autorités devront finalement fermer et interdire l'accès aux ruines.

Actuellement, et pendant l'été, les touristes peuvent y aller le visiter et prendre une coupe de Cava pendant qu'ils admirent le coucher de soleil sur la plaine du Haut Ampurdan.


 

lunes, 29 de abril de 2013

LLANÇÀ ET SON HISTOIRE






Llançà est une petite ville du Nord de la Costa Brava, située dans le Haut Ampurdan (Alt Empordà) et au Nord du Cap de Creus. Elle se trouve entourée de parcs naturels comme celui du Cap de Creus ou de l'Albera, et limite au Nord avec Colera, à l'Ouest avec Vilamaniscle et Garriguella, au Sud avec La Vall de Santa-Creu (Port de La Selva) et à l'Est avec la mer Méditérranée.

La ville de Llançà est jumelée depuis 1975 avec celle de Pont-du-Casse (Lot-et-Garonne, Aquitaine, France), près d'Agen.

Douze sont les grandes plages qui longent la municipalité:

-Plage du Cap de Ras

-Plage de Canyelles

-Plage de Grifeu

-Plage de Santa Creu

-Plage de l'Argilera

-Plage de Sant-Jordi

-Plage du Port

-Crique de La Gola

-Plage des Carboneres

-Plage de La Farella

-Plage du Cau del Llop

-Crique de Bramant

Les habitants de Llançà sont : llançanais et llançanaises, et forment habituellement une population de plus de cinq mille âmes qui se multiplie par deux en saison estivale avec le tourisme et ses résidents étrangers, la plupart français ou belges (flamands et wallons).



Un peu d'histoire

Existant depuis l'époque préhistorique comme en témoignent ses vestiges archéologiques (le Dolmen du Puig d'Esquers et la Tombe de l'Abbé), et connue comme Deciana au temps des grecs, elle vécut le débarquement des troupes romaines pendant la Deuxième Guerre Punique lors de l'incursion de l'armée d'Hannibal Barca. Abandonnée en 862, ses habitants déménagèrent vers l'intérieur du térritoire pour éviter les attaques des pirates sarrasins, et fondèrent le nouveau village rebaptisé Villa Lancia ou Vallée Lanciana, mise sous la jurisdiction féodale de l'Abbé de Saint-Pierre-de-Rhodes qui y installa son palais abbatiale fortifié et dont il ne reste aujourd'hui que les vestiges: la Tour de l'Abbé, datée au XIIIe siècle, et une partie du palais encore conservé voisinant avec l'Église dédiée à Saint-Vincent, qui fut reconstruite et embellie avec une façade monumentale au XVIIIe siècle.

Llançà fut le lieu d'emprisonnement des chevaliers du Roussillon qui vinrent à la rescousse du roi Pierre IV d'Aragon, Comte de Barcelone, lors de la rebellion du Comte Raymond-Béranger Ier d'Ampurias contre son autorité en 1344.

En 1659, avec la Paix des Pyrénées, Louis XIV réclama le village de Llançà comme faisant partie du royaume français et prétendit pousser ses nouvelles frontières jusqu'au Cap de Creus. Ce fut en vain et, finalement, les limites entre les deux territoires se fixèrent sur le Cap de Cerbère (Cap de Cervera).



En 1692, pendant le règne du roi Charles II l'Ensorcelé, suite à un naufrage devant ses côtes, un des rescapés tint parole en faisant construire la Chapelle du Port, en signe de gratitude à la Vierge et aux habitants des lieux. Quelques temps plus tard, s'érigea à ses côtés le vieux cimetière du village.



A l'aube du XVIIIe siècle, lors du conflit entre les deux prétendants au trone espagnol (Philippe V, duc d'Anjou, et Charles VI d'Autriche), les troupes françaises du Maréchal de Noailles passent par Llançà et se livrent au pillage du Monastère de Saint-Pierre-de-Rhodes, qu'ils vident de ses trésors, et du Château de Quermançó, siège des Archives de la Couronne Catalane-Aragonaise, puis attaquent la place forte de Roses.



Après la Guerre de Succéssion Espagnole, qui fut funeste pour la Catalogne (rangée dans l'alliance formée par la Grande-Bretagne, l'Autriche et la Hollande contre la France et l'Espagne), Llançà éprouva une renaissance et un nouvel essort économique grâce à l'exploitation de ses vignes et la production d'huile d'olive à partir de 1718. Fruit de cette nouvelle richesse fut la construction de l'actuelle paroisse dédiée à St. Vincent, sur l'emplacement de la vieille église romanique (Xe siècle) avec sa façade monumentale de style baroque tardif et presque rocailleux, et son grand escalier qui donnent sur la Grande Place du village. Puis l'élargissement du village qui se développa autour de la grande église et du palais abbatiale. En 1787, on recense un millier d'habitants dans Llançà et le térritoire, toujours sous la jurisdiction des abbés du Monastère de Saint-Pierre-de-Rhodes, voisine avec celles des richissimes Comtes de Peralada, Marquis de Savallà, qui possèdent la pluspart des seigneuries et baronnies des alentours, comme celle de Pau.

Pendant la Révolution Française, et lorsque l'Espagne de Charles IV déclare la guerre à la République voisine, l'armée révolutionnaire tente de conquérir la place forte de Roses en 1793, mais les français subissent la défaite à Llançà.



En 1870, avec la chute de la monarchie d'Amédée Ier et la proclamation de la Ière République Espagnole, les habitants de Llançà plantent le fameux platane au centre de la Grande Place du village, comme symbole de sa volonté de liberté et de démocratie.

Au début du XXe siècle, s'inaugure la gare de Llançà grâce au chemin de fer qui arrive jusqu'à la frontière française (à Cerbère).

Pendant la Guerre Civile, les républicains mettent le feu à l'Église de Saint-Vincent et détruisent ses trésors artistiques et religieux.

Durant la décennie de 1960, Llançà profite économiquement de l'arrivée des touristes français, belges, allemands et hollandais à la recherche de coins vierges et paradisiaques, et la présence, à Cadaquès, du grand peintre catalan Salvador Dalí y est pour quelque chose. Au boum touristique accompagne l'éclosion de la construction. Nombreux sont les étrangers qui choisissent Llançà comme résidence secondaire et y font construire leurs villas pour y passer la haute saison. La situation de Llançà, entre mer et montagne, avec son paysage caractéristique, plein de charme, offre non seulement une sorte de havre de paix pour les touristes mais aussi de la saine et bonne cuisine méditérranéenne, des monuments a visiter et toutes sortes d'activités culturelles et nautiques. Les llançanais se font hôteliers, restaurateurs, commerçants... et la ville s'élargit de nouvelles maisons, de nouveaux quartiers résidenciels, d'urbanisations qui, d'un autre côté, enlaidient un peu la côte et le paysage. Il faudrat attendre les lois pour la conservation du paysage côtier pour frener la folie de la construction qui commence a défigurer dangereusement ses plages et ses rochers.

Vers 1970, le Château de Peralada ouvre ses portes aux touristes, dont le principal orgueil est sa célèbre bibliothèque privée, sans oublier ses caves à vins et de mousseux, ainsi que ses collections d'oeuvres d'art et de verreries. Une décennie plus tard, les propriétaires du château transforment la résidence comtale en un casino et organisent des concerts annuels dans son parc.

Entre 1980 et 1990, Llançà continue a grandir. Toute la région se modernise et s'attaque à un programme de récupération et restauration des monuments historiques des alentours. Aux améliorations urbaines se joignent la restauration de la Tour de l'Abbé, du refuge anti-aérien de la Guerre Civile (1936-1939), la récupération des ruines du Monastère de Saint-Pierre-de-Rhodes (aujourd'hui totalement restauré) et du Château de Quermançó, laissé a l'abandon depuis le départ des troupes de Napoléon Ier, le couvent et le Monastère de Vilabertran, du Château de Requesens,... On inaugure le Musée de l'Aquarelle a l'instar du peintre local Martinez Lozano, le nouveau port et son Club Nautique, la promenade maritime, entre autres.

English version

Llançà is a small town in northern Costa Brava, located in the Alt Empordà and at the north of Cap de Creus. It is surrounded by natural parks such as the Cap de Creus or Albera and limits to the North with Colera, in the West with Vilamaniscle and Garriguella, to the South with La Vall de Santa Creu (Port De La Selva) and East to the Mediterranean Sea.

The city of Llançà is twinned since 1975 with the french village of Pont-du-Casse (Lot-et-Garonne, Aquitaine, France), near Agen.

Twelve are the major beaches along the municipality:

-Cap de Ras beach

-Canyelles beach

-Grifeu Beach

-Santa Creu beach

-Range of Argilera

-Sant Jordi Beach

-Port beach

-La Gola Range

-Carboneres beach

-La Farella Beach

-Cau del Llop Beach

-Creek Bramant

Residents of Llançà are: llançanencs and llançanenques, and usually form a population of over five thousand souls who doubles in the summer with tourism and foreign residents, most French or Belgian (Flemish and Walloon).

A little history

Existing since prehistoric times as evidenced by archaeological remains (the Dolmen of Puig d'Esquers and the Tomb of the Abbot), and known at the Greek time as Deciana it lived the landing of Roman troops during the Second Punic War during the incursion of the army of Hannibal. Abandoned in 862, its inhabitants moved to the territory to prevent attacks of Saracen pirates, and founded the new town renamed Villa Lancia or Lanciana Valley, placed under the feudal jurisdiction of the Abbot of Saint-Peter-of-Rhodes who established his fortified palace which it remains today as the remains: the Tower of the Abbot, dated to the thirteenth century, and part of the palace still preserved side by side with the church dedicated to St. Vincent, who was rebuilt and embellished with a monumental facade in the eighteenth century.

Llançà was the place of imprisonment of the Knights of Roussillon, who came to the rescue of King Peter IV of Aragon, Count of Barcelona, during the rebellion of Count Raymond Berenguer I of Ampurias against his authority in 1344.

In 1659, with the Peace of the Pyrenees, Louis XIV claimed the village of Llançà as part of French kingdom and pretended to push its new borders in Cap de Creus. It was in vain, and finally, the boundaries between the two territories settled on the Cape of Cerberus (Cap de Cervera).

In 1692, during the reign of King Charles II the Bewitched, following a shipwreck off its coast, one of the survivors kept his word by building the Chapel of the Port, in gratitude to the Virgin and to the inhabitants of the place. Some time later, erected by his side the old village cemetery.

At the dawn of the eighteenth century, during the conflict between the two pretenders to the Spanish throne (Philip V, Duke of Anjou and Charles VI of Austria), the French troops of Marshal de Noailles go through Llançà and loot Monastery of Saint-Peter-of-Rhodes, they emptied of its treasures, and Quermançó Castle too, seat of the Archives of the Catalan-Aragonese Crown, then attack the stronghold of Roses.
After the War of Spanish Succession, which was fatal for Catalonia (stored in the alliance formed by Great Britain, Austria and Holland against France and Spain), Llançà experienced a rebirth and a new economic essort through the exploitation of its vineyards and the production of olive oil from 1718. Result of this new wealth was the construction of the present church dedicated to St. Vincent, on the site of the old Romanesque church (tenth century) with its monumental facade of late Baroque and almost rocky style, and the grand staircase that give on the Grand Place in the village. Then the expansion of the village grew around the great church and the abbot palace. In 1787, we identified a thousand people in LLançà and his territory, still under the jurisdiction of the abbots of the Monastery of Saint-Peter-of-Rhodes, close to those of wealthy Counts of Peralada, who have the greater part lordships and baronies of the surroundings, such as Pau.
During the French Revolution, when Charles IV of Spain declares war on the neighboring Republic, the revolutionary army trying to conquer the fortress of Roses in 1793, but the French were defeated in Llançà.


In 1870, with the fall of the monarchy of Amadeo I and the proclamation of the First Spanish Republic, the inhabitants of Llançà planted the famous tree of liberty in the middle of the village square, as a symbol of their desire for freedom and democracy.

In the early twentieth century, was inaugurated the train station of Llançà through railway reaches the French border (with Cerbère).

During the decade of 1960, Llançà economically benefit from the arrival of the French, Belgian, German and Dutch tourists looking for pristine and idyllic places, and the presence in Cadaques of the great Catalan painter Salvador Dalí is for something. The tourist boom accompanied the outbreak of construction. Many foreigners who choose Llançà as a secondary residence and are building their houses to spend the high season. The situation of Llançà, between sea and mountain, with its characteristic landscape, full of charm, offers not only a kind of peace for tourists but also good healthy Mediterranean cuisine, monuments to visit and all kinds of cultural and nautical activities. The inhabitants build hotels, restaurants, shopping ... and the city is expanding with new houses, new residencials neighborhoods which, on the other side, a little desfigurement of the coast and landscape. With the new laws for the preservation of the coastal landscape, will slow the uncontrolled construction craze that would dangerously distort its beaches.

Around 1970, the Peralada Castle opens its doors to tourists, the main pride is his famous private library, not to mention its cellars and sparkling wines, as well as its collection of works of art and glassware. A decade later, the owners of the count's castle transformed the palace into a casino and organize annual concerts in the park.

Between 1980 and 1990, Llançà continues to grow. The whole area is modernizing and plans a program of recovery and restoration of historical monuments in the area. Urban improvements join the restoration of the Abbot Tower, the air-raid shelter of the Civil War (1936-1939), the recovery of the ruins of the Monastery of Saint-Peter-of-Rhodes (now fully restored ) and Castle Quermançó, was left abandoned since the departure of the troops of Napoleon, the convent and monastery of Vilabertran, the Castle Requesens ... The Watercolour Museum was inaugurated by the local painter Martinez Lozano, the new harbor and Yacht Club, the promenade, among others.